Étude de marché sur la volonté d’utiliser et la demande d’avantages liés à l’adaptation pour soutenir l’adaptation au changement climatique en Afrique

Face aux besoins de financement de l’adaptation sur le continent africain, la Banque africaine de développement a lancé la phase pilote du Mécanisme des avantages de l’adaptation (MAA), avec pour objectif de créer un mécanisme de financement qui, pour l’adaptation, joue le même rôle que le Protocole de Kyoto pour l’atténuation. Le MAA reconnaît que si la plupart des projets d’adaptation génèrent des avantages économiques, la faiblesse des avantages financiers perçus ou réels les rend peu attractifs pour le secteur privé. Pour remédier à cette situation, un moyen crédible d’évaluer les avantages de l’adaptation, associé à une volonté de payer pour ces avantages, pourrait inciter le secteur privé à investir dans l’adaptation.

Conçu comme un mécanisme non marchand au sens de l’article 6.8 de l’Accord de Paris, le MAA s’appuie sur les enseignements tirés des marchés du carbone et repose sur un modèle financier axé sur les résultats, permettant aux ménages, aux communautés, aux économies et aux écosystèmes africains de s’adapter et de renforcer leur résilience face aux impacts négatifs du changement climatique. Le MAA vise à combler le déficit de financement des projets d’adaptation en fournissant un financement suffisant pour assurer leur viabilité financière, tout en garantissant un bon rapport qualité-prix pour les acquéreurs d’avantages certifiés d’adaptation (ACE). Comme prévu, les CAB seront payés selon un système basé sur les résultats. Les acheteurs s’engagent à acquérir des unités avant le début du projet, mais les paiements relatifs aux avantages d’adaptation ne sont effectués qu’après vérification de ces avantages tout au long de la mise en œuvre du projet. Étant donné que les CAB sont spécifiques à chaque projet, ils sont non fongibles et limitent la spéculation et les transactions secondaires. Le prix payé par l’acheteur, hors éventuelle marge de détail, est le prix perçu par le promoteur du projet. Si un pays hôte délivre une lettre d’approbation pour le projet, les avantages d’adaptation peuvent être comptabilisés comme une aide, à condition qu’ils répondent aux objectifs d’adaptation du pays hôte. Le paiement des CAB joue un rôle central dans la réduction du déficit de financement actuel.

À l’heure actuelle, aucun mécanisme n’incite les pays hôtes à communiquer leurs besoins en matière d’adaptation et, par conséquent, les pays donateurs hésitent à s’engager à les soutenir. Le modèle basé sur les avantages (ABM) présente un fort potentiel pour transformer le financement de l’adaptation et combler l’important déficit de financement lié au changement climatique.

Une compréhension approfondie de l’intérêt et de la demande liés aux avantages de l’adaptation, en tant que moyen de contribuer à l’objectif d’adaptation de l’Accord de Paris et/ou de remplir les obligations de responsabilité sociale des entreprises ou les missions philanthropiques, est essentielle à la viabilité et au succès d’un modèle basé sur les avantages de l’adaptation (ABM). Cette étude rassemble les points de vue et l’expertise d’un large éventail de parties prenantes et présente des retours d’information pertinents et encourageants.

L’ABM invite les pays développés à reconnaître le besoin crucial de projets d’adaptation en Afrique et à manifester leur volonté de soutenir l’adaptation en renforçant la coopération internationale et en promouvant l’inclusion.

Je tiens à remercier les répondants pour leur temps et leurs contributions, et j’ai hâte de voir leurs commentaires intégrés à la conception de l’ABM au fur et à mesure de son développement.

Kevin Kariuki

Vice-président pour l’énergie, le climat et la croissance verte

Groupe de la Banque Africaine de Développement

Étude de marché sur la volonté d’utiliser et la demande d’avantages liés à l’adaptation pour soutenir l’adaptation au changement climatique en Afrique